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En ce début du 21ème siècle, le monde continue d’avancer à deux vitesses en termes de culture de l’image. D’une part la disparition des salles de cinéma en Afrique et plus généralement dans les pays du Sud; d’autre part, l’injection des pays du Nord d’investissements colossaux dans les nouvelles technologies du cinéma et de l’audiovisuel, ce qui pose d’emblée la question de la mémoire visuelle.

Au Nord, on a très vite compris quel rôle important jouent les nouvelles technologies dans la restauration et la préservation de la mémoire visuelle de l’Humanité. En revanche, le Sud accuse un retard de plus en plus grand et dans la gestion de sa propre mémoire et dans l’accès à la mémoire mondiale

L’ère des images en 3D en 2K et 4 K est déjà là depuis une décennie. Le développement de ces nouvelles technologies est en train d’enterrer définitivement la pellicule qui a été pour plus de 100 ans le support privilégié et unique du cinéma. Paradoxalement ces mêmes nouvelles technologies de fabrication du cinéma pourraient donc en même temps contribuer à la promotion de la culture de l’image en la démocratisant. En effet, elles ne manquent pas de susciter l’enthousiasme des nouvelles générations.

Aux pays du Nord, un grand mouvement œuvre pour donner une deuxième vie aux images du passé : le cinéma muet, les chefs d’œuvres des grands maîtres de l’histoire du cinéma, les archives visuelles nationales. Des fondations comme la CWF de Martin Scorsese sont créées pour restaurer et sauvegarder les classiques du cinéma. Les grands festivals tels que Cannes, Venise et Berlin dédient désormais une partie importante de leurs programmes au cinéma restauré. En outre des manifestations cinématographiques internationales se donnent pour vocation de proposer à leurs publics de cinéphiles des films en versions originales et restaurées.

Grâce à des scanners HD en 4K, des logiciels spéciaux et une grande passion pour le cinéma, des laboratoires comme «L’immagine Ritrovata» de Bologna ou «Digimage Classics» de Joinville (Paris), tout aussi bien que tant d’autres établissements en Hollande en Suède et en Suisse, sont en train d’effectuer d’extraordinaires prouesses dans la restauration et la sauvegarde de plusieurs dizaines de films du patrimoine mondial.

D’une part l’argentique dans tous ces formats disparaît ; il est remplacé par les DCP, le HDCAM, les Disques durs, les serveurs… D’autre part des films qui ont fait l’histoire du cinéma parviennent à avoir une nouvelle vie grâce au numérique et sont donc redécouverts par les nouvelles générations de spectateurs.

Cette nouvelle manifestation cinématographique sera pour nous une occasion pour œuvrer à la restauration et à la sauvegarde de nos images. Le programme des prochaines éditions devra inclure un projet de restauration et la présentation d’une œuvre cinématographique tunisienne.

IDENTITÉ DU PROJET

Cinéma au Musée est une nouvelle manifestation culturelle et cinématographique Coorganisée par l’Association Culturelle Afrique-Méditerranée et le Centre National du Cinéma et de l’image (C.N.C.I.) avec la collaboration de l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de la promotion Culturelle et de la Délégation Régionale de La Culture et de la Sauve Garde du Patrimoine de Sousse. Cette action vise à contribuer à pallier l’écart entre le Nord et le Sud en termes de culture de l’Image. Elle espère aussi susciter de l’intérêt pour la mémoire visuelle chez notre public tunisien.

Cinéma au Musée est dédiée entièrement au cinéma du passé plus ou moins lointain. Elle se propose de porter devant les spectateurs d’aujourd’hui les trésors du 7ème Art en commençant par le patrimoine cinématographique tunisien qui fait partie de notre mémoire nationale. En outre ce projet se propose de revisiter la mémoire cinématographique arabe, africaine et celle des pays du Sud, tout en ouvrant des fenêtres au patrimoine filmique universel.

Cinéma au Musée présentera en plein air et pour tout public, dans la très belle esplanade du Musée de Sousse et pour quatre soirées une sélection de films muets accompagnés de performances musicales (ciné-concerts) ou des classiques du cinéma dont les copies ont été restaurées.

Cinéma au Musée a déjà le soutien et le partenariat de plusieurs institutions étrangères qui ouvrent depuis des années dans le domaine de la promotion et de la sauve garde du patrimoine visuel comme : Les Journées du cinéma muet de Pordenone en Italie, une des manifestation les plus anciennes et les plus importantes dédiée au cinéma muet, la Cineteca di Bologna et son laboratoire l’Immagine Ritrovata, leader mondial dans le domaine de la restauration des films, de la cinémathèque Française et de son directeur Serge Toubiana. Les Archives du Film français du CNC, de L’institut Lumière de Lyon et de Lobster Film de Paris.